Je suis un acteur économique du secteur agricole

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Les enjeux du monde agricole pour la qualité de l’air

L’Ile-de-France, un territoire de grandes cultures

L’Île-de-France, avec ses 12 millions d’habitants et ses grandes agglomérations, est aussi une région agricole importante : les terres agricoles (595 000 ha), réparties sur près de 4 700 exploitations, représentent 49% du territoire francilien. Les grandes cultures (céréales, oléagineux, betteraves, protéagineux, etc.) forment la majeure partie (62%) de la valeur de la production francilienne, le blé constituant 41% dans la production céréalière. Le maraîchage reste aussi très présent, notamment dans la production de salades (hors laitues, 1ère région productrice), d’oignons blancs et de cresson (2ème région) et de radis (4ème région). 5% des exploitations commercialisent tout ou partie de leur production en circuits courts. Compte tenu du faible nombre d’élevages dans la région, l’agriculture francilienne contribue essentiellement aux émissions d’ammoniac volatilisé par l’épandage d’engrais sur les cultures.

Le secteur de l’agriculture émet directement des particules et des oxydes d’azote représentant respectivement 15 % et 3 % des émissions régionales. Par ailleurs, les activités agricoles sont la principale source d’émission d’ammoniac (NH3), représentant à elles seules 93 % des émissions régionales.

Quelles sont les principales sources d’émissions de l’agriculture francilienne ?

L’agriculture participe à la pollution atmosphérique francilienne en émettant des polluants dits « primaires » et des polluants dits « secondaires ». Les différentes activités émettrices de polluants atmosphériques primaires dans l’agriculture en Ile-de-France sont :

  • l’usage des engrais minéraux azotés dans les cultures céréalières (émissions de NH3) ;
  • le travail du sol : labours, moissons (émissions de particules) l’utilisation d’engins mobiles non routiers de l’agriculture (émissions d’oxydes d’azote et de particules) ;
  • les installations de chauffage comme pour les serres (oxydes d’azote et particules) ;
  • La gestion des résidus et le brûlage à l’air libre des déchets verts (interdit par la loi).

L’usage d’engrais azotés d’origine organique ou minérale, conduit à des émissions d’ammoniac (NH3). Une fois volatilisée, cette molécule se combine dans l’atmosphère avec des acides issus de l’industrie ou des oxydes d’azote dus au trafic routier pour constituer des particules fines dites secondaires (PM10), favorisant ainsi le dépassement des valeurs limites réglementaires. La détection de nitrate d’ammonium dans les échantillons de particules prélevés en Île-de-France témoigne de la contribution de l’agriculture à la pollution aux particules.

La pollution atmosphérique impacte le monde agricole

 

La pollution à l’ozone a des conséquences sur les rendements agricoles

Oxydant puissant, l’ozone agit sur les processus physiologiques des végétaux, notamment sur la photosynthèse, ce qui provoque des baisses de production des cultures. Des expérimentations menées par l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) ont montré que ces baisses pouvaient atteindre entre 5 et 10 % pour des cultures de blé. Cependant, cette estimation reste expérimentale et le rendement est influencé par d’autres facteurs (qualité du sol, météorologie, techniques, formes et moments d’apports azotés, etc…).

Les impacts sanitaires de la pollution atmosphérique

Les agriculteurs sont également exposés à la pollution atmosphérique et en subissent les conséquences.

Comment l’agriculture peut limiter ses émissions

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Le travail du sol, une activité émettrice de particules primaires

Les activités de labourage et de semis ainsi que la récolte des cultures représentent la principale source de particules primaires. Le passage fréquent d’engins, le vent, la sécheresse et les sols nus constituent les principaux facteurs influençant ces émissions.

Dans la mesure du possible, pour limiter les émissions, les agriculteurs peuvent :

  • réduire le nombre de passages des engins lors de la préparation du champ, de la fertilisation ou de l’entretien de ce dernier ;
  • limiter ces interventions dans des conditions de vent faible ;
  • favoriser le maintien d’une végétation (haies harborées) / mettre en place une couverture du sol en interculture adaptée;
  • mettre en œuvre des techniques de travail simplifié du sol (travail cultural sans labour ou TCSL) visant à préparer le sol à des profondeurs variables mais sans retournement de la terre telles que le pseudo-labour (mélange de résidus en surface au sol et ameublissement des 15 à 30 premiers centimètres sans retournement), le travail superficiel (mélange des résidus de culture laissé en surface pour limiter l’érosion, sans retournement du sol) ou le strip-till (Implantation de cultures dans une bande de terre travaillée sur une profondeur de 15 à 23 cm). Ces techniques permettent une augmentation de la teneur organique du sol et limitent les envols de poussières.

Le brûlage à l’air libre, une source de particules très fines

Le brûlage à l’air libre des déchets verts est une source importante de particules. 50 kg de végétaux brûlés à l’air libre émettent autant de particules qu’un parcours de 18 000 km effectué avec une voiture essence ou 6000 km avec une voiture diesel.

Hors dérogation spécifique accordée par le Préfet, cette pratique est interdite en Ile-de-France. Le non-brûlage des résidus de culture est une des conditions prises en compte pour l’octroi aux agriculteurs des aides directes soumises à la conditionnalité.

Il convient de chercher à valoriser ses déchets verts par le compostage ou la méthanisation.

L’épandage à l’origine des épisodes de pollution atmosphérique printaniers

Lors de l’épandage d’azote sur les cultures, une partie se volatilise dans l’atmosphère, formant des particules secondaires par combinaison avec les particules de NOx. Pour autant que les conditions météorologiques s’y prêtent, les épandages d’azote au printemps concourent à l’émergence d’épisodes de pollution dans la métropole francilienne. Des solutions existent pour limiter ces émissions de particules :

  • Optimiser la fertilisation azotée (fertilisation localisée, outils de pilotage, bandes double-densité…)
  • Privilégier les engrais les moins volatils (ammonitrates ou avec inhibiteurs d’uréase…) ;
  • Enfouir les engrais les moins volatils dans le sol.

 

Le défi AGRI 3 du PPA vise à évaluer l’impact sur les émissions de NHdu fractionnement du second apport azoté sur céréales d’hiver par la mise en œuvre d’un programme de recherche associant chambres d’agriculture d’Île-de-France avec divers organismes de recherche.

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