ZBE : de quoi parle-t-on ?

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ZBE : de quoi parle t on ?

L’agence pour l’environnement et la maîtrise de l’énergie (ADEME) vient de publier une nouvelle étude sur les Low emission zone ou Zone à basse émission (ZBE) dans différents pays européens, un dispositif de plus en plus adopté pour lutter contre la pollution atmosphérique.

ZBE : de quoi parle t on ?

Les Zones à basse émission (anciennement « Zones à circulation restreinte ») sont des zones délimitées au sein desquelles la circulation est réservée aux véhicules les moins polluants identifiés selon leur norme Euro. La limitation d’accès des véhicules les plus polluants permet en effet de diminuer les émissions de particules fines, de dioxyde d’azote et indirectement d’ozone, les trois principaux polluants en Europe.

Implanté dans les villes les plus exposées à des hauts seuils de concentration de polluants atmosphériques, ce dispositif est efficace pour améliorer la qualité de l’air : si les premières ZBE ont vu le jour en Europpe depuis une vingtaine d’année, ce sont aujourd’hui plus de 200 villes, situées dans 12 pays européens, qui ont adopté ce dispositif, un chiffre en constante augmentation. Ailleurs dans le monde, des mégapoles telles que Tokyo ou Mexico, particulièrement exposées à des épisodes de pollution atmosphérique, ont mis en place des mesures similaires. En France, la première ZBE a vu le jour à Paris en 2015, suivie par la ville de Grenoble en 2017.

Quels sont les impacts de la mise en place de ZBE sur la qualité de l’air ?

La mise en place des ZBE répond partout au même objectif : améliorer la qualité de l’air en diminuant les sources d’émissions de particules fines, en grande partie produite par les véhicules les plus anciens et particulièrement préjudiciables pour la santé. Cet effet est par ailleurs immédiat, et permet de diminuer le nombre de jours de dépassements des valeurs limites de pollution, avec toutefois des résultats plus accentués lorsque le dispositif est mis en place dans sa version la plus approfondie.

Selon l’étude, la mise en place de ZBE dans les villes a eu pour effet principal d’accélérer le renouvellement du parc automobile pour des véhicules plus récents et plus propres. A l’inverse d’un cliché souvent diffusé, cette mesure n’a pas entrainé de baisse du nombre de véhicules en circulation, ni d’embouteillages liés à des reports vers d’autres itinéraires. En France, cet effet sur le renouvellement du parc est renforcé par la mise en place de subventions, destinées à aider les propriétaires de véhicules polluants lors du changement de leur véhicules. Instaurées par l’État ou par des villes, ces aides peuvent se doubler de primes à la casse et monter jusqu’à plusieurs milliers d’euros.

Pourquoi ne pas développer ces zones où la qualité de l’air est la plus critique ?

L’étude souligne que si les ZBE sont un outil pertinent pour lutter contre la pollution atmosphérique, elles doivent s’inscrire dans une politique plus large et s’accompagner d’autres mesures. C’est notamment cette ambition que défend le Plan de protection de l’atmosphère, un outil réglementaire destiné à diminuer les pollutions atmosphériques en Ile-de-France, approuvé en janvier 2018 : ce plan prévoit de relever 25 défis, déclinés en 46 actions permettant d’améliorer la qualité de l’air, dans l’objectif de retourner sous les valeurs limites à l’horizon 2020. Un second scénario, qui prend en compte la mise en place d’une ZBE à l’intérieur du périmètre de l’A86, évalue que l’impact conjoint de ces mesures permettrait de revenir plus rapidement sous les valeurs limites de concentrations atmosphériques. Parmi les mesures d’accompagnement à la mise en place des ZBE, figure aussi la densification du maillage du réseau de transport, en particulier en grande couronne, afin d’organiser d’autres solutions de mobilité pour les personnes les plus dépendantes à la voiture. Autant d’axes de travail sur lesquels l’État propose son soutien technique et financier, afin d’accompagner les collectivités territoriales pour aller plus loin pour la reconquête de la qualité de l’air.

Pour en savoir plus :

Zones à faible emissions à travers l’Europe : déploiement, retours d’expériences, évaluation d’impact et d’efficacité du système. (ADEME, mars 2018)

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